Faut-il brûler Cioran?

ISBN

Formato digital
979-13-88142-06-2

Fecha de publicación

12-12-2025

Licencia

D. R. © copyright 2025. Nelson Guzmán Robledo, Ciprian Vălcan e Irma Carannante

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Ger Groot
Erasmus Universiteit Rotterdam

Acerca de

Le titre de ma contribution — cela ne vous aura pas échappé — est une variation sur celui d’un essai de Simone de Beauvoir, originellement publié en 19511. Ce n’est pas Cioran, pratiquement inconnu à l’époque, qui en est le sujet, mais le marquis de Sade, dont les écrits, qualifiés d’‘outrages aux bonnes mœurs’, feront encore l’objet d’une série de procès judiciaires dans les années 1950.
Qu’est-ce qui relie Sade à Cioran, qu’est-ce qui relie Simone de Beauvoir à nous ? Il est évident que les deux écrivains sont très différents, tout comme nous sommes différents de la Beauvoir de 1951. Le trait d’union entre toutes ces figures réside donc uniquement dans la question : une œuvre, mérite-t-elle d’être détruite, oubliée ou du moins enfermée dans un lointain sous-sol de la Bibliothèque nationale, le fameux ‘enfer’ ? Que faire des écrivains gênants, ou des parties difficiles à digérer de leur œuvre ?
Après tout, comme Sade, Cioran est maintenant convoqué par certains au tribunal des ‘bonnes mœurs’ : non pas le tribunal sexuel, mais politique. Que faire des écrits d’un écrivain qui, à une certaine période de sa vie, s’est montré sensible à des idées qui ne sont plus considérées comme opportunes ? Que faire de lui à une époque où l’on ‘annule’ tout ce qui semble non seulement inacceptable mais même déplaisant : une époque où la néo-censure du ‘woke’ semble menacer sérieusement le débat public ?

Referencias

S. de Beauvoir, Faut-il brûler Sade ?, Gallimard, Paris, 1955, pp. 11-98. Cet essai fut originellement publié dans Les temps modernes, nº 74, décembre 1951.
Ibidem, p. 96.
Ibidem, p. 98.
J.-P. Sartre, Qu’est-ce que la littérature ?, Gallimard, Paris, 1948,  p. 44.
Ibidem, p. 352.
[1] S. de Beauvoir, Le deuxième sexe, Tome II, Gallimard, Paris, 1949, p. 13. Cette variation retournerait, en effet, à l’origine de cette expression qui a inspiré Beauvoir : « Homines, mihi crede, non nascentur, sed finguntur », Erasme, Declamatio de pueris statim ac liberaliter instituendis.
Sartre, op. cit., p. 30.
Ibidem, p. 34.
J. Derrida, « La forme et le vouloir-dire », Marges de la philosophie, Minuit, Paris, 1972, pp. 185-207.
E. M. Cioran, Transfiguration de la Roumanie, trad. A. Paruit, L’Herne, Paris, 2009.
Cioran, Apologie de la barbarie. Berlin-Bucarest (1932-1941), [trad. L. Niorescu], L’Herne, Paris, 2015, pp. 50-55.
Cioran, Solitude et destin, trad. A. Paruit, Gallimard, Paris, 2004, p. 306.
Cioran, Apologie de la barbarie, p. 129.
Cioran, Solitude et destin, p. 322.
ioran, « Histoire et utopie », Œuvres, Gallimard (Quarto), Paris, 1995, p. 1002.
Ibidem, p. 1001.
Cioran, Solitude et destin, p. 223.
Ibidem, p. 186.
Cioran, « Précis de décomposition », Œuvres, p. 673.
Cioran, Apologie de la barbarie, p. 121.

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